Collectionner les écrivains

Collectionner les écrivains. Une patrimonialisation éditoriale, dir. Marcela Scibiorska, Mathilde Labbé et David Martens, Presses Universitaires de Rennes, coll. « La Licorne », 2026, 342 p., ISBN 979-10-413-0562-9

 

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La remarquable longévité de la collection « Poètes d’aujourd’hui » (1944-2007) a produit un catalogue complexe, comportant une multiplicité de séries internes. La collection progresse ainsi en investissant progressivement des domaines linguistiques, des aires géographiques, des thématiques extra-poétiques et parfois politiques ou des genres poétiques. Parmi les séries repérables, le cas des cercles littéraires est illustré entre autres par l’École de Rochefort, dans laquelle Jean-Yves Debreuille voit une « aire d’influence » pour Seghers, qui y trouve des auteurs et des critiques pour différentes collections. Ce cercle réunit à partir de 1941 une trentaine de poètes nés entre 1900 et 1920 environ, appartenant donc à une génération dont Seghers (1906-1987) fait aussi partie. Ceux-ci entrent peu à peu dans le catalogue, probablement grâce à l’entremise de René Lacôte (1913-1971) et de René Guy Cadou (1920-1951), avec qui Pierre Seghers est en contact dès l’année 1940, et y occupent plusieurs rôles complémentaires (poète, critique, historien de la littérature, directeur de collection). Même s’il les intègre à un ensemble plus vaste, le catalogue porte la trace des sociabilités antérieures et de la cohésion de ce groupe ; il laisse apparaître dans son organisation bibliographique un effet école qui traduit une convergence d’intérêts : les poètes de Rochefort ont fait des éditions Seghers un outil au service de leur propre patrimonialisation tandis que l’éditeur a mis à profit ce réseau pour renforcer le sien.

Marcela Scibiorska est post-doctorante FNRS à l’université libre de Bruxelles et professeure à la Vrije Universiteit Brussel. Elle s’intéresse aux interactions entre textes et images, aux processus de patrimonialisation de la littérature ainsi qu’aux relations entre littérature et publicité, et plus particulièrement à la publicité éditoriale.

Mathilde Labbé est maîtresse de conférences en Littérature française (XIXe-XXe siècles) à Nantes Université. Ses recherches portent sur les phénomènes de réception et de patrimonialisation de la littérature, et plus particulièrement sur leurs interactions avec la redéfinition du canon littéraire.

David Martens est professeur de littérature française (XIXe-XXIe siècle) à l’université de Louvain (KU Leuven). Il s’intéresse notamment aux rapports de la littérature avec d’autres médiums et d’autres types de discours et pratiques, comme la photographie et l’exposition.

Tous trois ont fondé en 2021, avec Olivier Belin et Claude Coste, le réseau PatrimoniaLitté [https://respalitt.hypotheses.org/].

LES AUTEURS :
Marianne DI BENEDETTO
Claire DUCOURNAU
Selina FOLLONIER
Marie GABORIAUD
David GULLENTOPS
Pierre-Marie HÉRON
Mathilde LABBÉ
Claire LOZIER
David MARTENS
Jean-Yves MOLLIER
Isabelle OLIVERO
Christine RIVALAN GUÉGO
Marcela SCIBIORSKA

Publié avec le soutien de Nantes Université
www.pur-editions.fr

En couverture : bibliothèque de René Guy Cadou à Louisfert.
Crédit : Vincent Jacques, 2008.