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Correspondance autour du Malraux par lui-même (1951-1953)

Francis Jeanson, Gaëtan Picon et André Malraux, Correspondance autour du Malraux par lui-même (1951-1953), éditée et annotée par Mathilde Labbé et David Martens, préface de Jean-Louis Jeannelle, Carignan-de-Bordeaux, Le Bord de l’eau, coll. « Document », 2026

 

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En 1951, Francis Jeanson propose à Gaëtan Picon de concevoir un Malraux par lui-même pour la collection « Écrivains de toujours », qui vient d’être lancée par les éditions du Seuil. Loin de s’effacer de ce projet qui contribue à sa consécration, comme nombre d’auteurs le font en pareille situation, Malraux s’y implique activement. Ne se contentant pas de fournir des images pour l’abondante illustration prévue, il donne également son avis et impose ses souhaits quant à la composition de l’anthologie destinée à figurer dans l’ouvrage. Plus exceptionnel encore, il va jusqu’à commenter en marge le manuscrit de Picon quand il le reçoit, à travers des annotations assez développées et qui, fait exceptionnel, seront finalement reprises dans l’ouvrage : l’écrivain donne d’emblée pour cette formule rare un accord qui, en réalité, a tout d’une suggestion. C’est ainsi que le livre devient effectivement, pour une large part, un Malraux par lui-même.

Cette édition annotée de la correspondance échangée par Malraux, Picon et les éditeurs du Seuil, au premier chef Francis Jeanson, permet de prendre la mesure, presque au jour le jour, d’une collaboration qui, s’agissant de livres consacrés à des écrivains vivants, est souvent dissimulée. Elle met en lumière la façon dont une collection de portraits d’écrivains, derrière sa couverture standardisée et sa mission de vulgarisation, a pu constituer un lieu d’expérimentation et contribuer au renouvellement du paysage éditorial

Mathilde Labbé est maîtresse de conférences en Littérature française à Nantes université. Elle s’intéresse aux phénomènes de réception et de patrimonialisation de la littérature et à leurs interactions avec la construction du canon littéraire.

David Martens est professeur de littérature française (XIXe-XXIe siècle) à l’université de Louvain (KU Leuven). Il s’intéresse notamment à la patrimonialisation et aux autres formes de médiation de la littérature, en particulier l’exposition

Préface de Jean-Louis Jeannelle